GRENADE A FRAGMENTATION
Du magazine au catalogue… il n’y a qu’un pas.
La crise de la presse pousse le secteur à s’engouffrer là où il peut. L’offre explose et la demande se fragmente, la presse se fissure et le lecteur se noie. D’un côté des ventes en chute libre et des revenus publicitaires moribonds auxquels s’ajoute une concurrence farouche. De l’autre on s’adresse à untel plutôt qu’à untel, bref on fragmente et on divise. La télévision, la presse, les médias, la com’ agissent comme le catalyseur d’une réalité à la dérive, dont les véritables enjeux sont systématiquement étouffés par l’émergence d’une multiplication de formules que l’on nous présente comme adaptées à l’époque et incontournables.
Les publications de tout poil pullulent. Pourtant au diable l’anarchie. On affute ses flèches, on règle la mire, il s’agit de viser juste. On est vieux, jeunes, parisiens, mecs de banlieue, gars de la campagne et à chaque cible correspond un moyen d’action. On retranscrit les dossiers de presse, on encense, on ignore, on mime l’ouverture, on s’affiche comme un encart promotionnel, on décrypte le décryptage. Ajoutons à cela un corps social d'ores et déjà explosé, empilement de choses isolées, enregistrées puis collectionnées et chacun mesurera l’horrible écueil d’un monde en plexiglas où la communication entre les hommes tiendrait à un simple jeu de miroirs teintés, d’un jeu de chaises musicales sans place assise de libre.
Nous voulons de l’air pur, des instincts primitifs et sanguins pour revenir aux élémentaires, à cet instrument qu’est le mot, qui sert et invite les hommes à dire et à s’entendre. Interroger plutôt ce que sont la Mesure et l’Égalité, ce que l’idée même de stratégie induit, ce qui justifie cette démarche introspective douloureuse mais salvatrice. Un lieu ou se traitent les nœuds, les contradictions, les divorces, un espace frontal où chacun dressé l’un pour l’autre écarte toute forme de consensus.
L’égalité n’est pas un simple moteur, encore moins un fantasme. Nous ne sommes ni insulaires, ni au centre du monde. Ni professeurs, ni institutions mais simplement conscients des limites et des codes qui régissent le moindre élan vers l’autre. Pas un d’entre nous n’est spécialiste de quoi que ce soit. Nous proposons, conscients des enjeux, des difficultés du "secteur", mais jamais ramasse-miettes. Alors au risque de passer pour des romantiques niaiseux, on en appelle à l’indépendance, à l’égalité et au désamorçage de cette sempiternelle grenade à fragmentation.





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