GENESE

NOS PREMIERS PAS DANS L'EDITION

«A ce moment funeste, le tout puissant fit gronder sa colère, Jésus se retourna vers le forgeron et lui dit : Bouyaka dans ton cul.»

Un jour, quelqu'un, je ne sais pas qui d'ailleurs, a inventé le mot culture.

Je sais, c'est plutôt nul a chier comme nouvelle mais elle a son importance, car personne, surtout pas moi, n'a vraiment compris ce que cela voulait dire, mais tout le monde avait un avis dessus.

Et puis la culture est devenue tendance, je ne sais pas quand exactement. Et au fil du temps, s'est forgé un être hybride, se plaçant entre l'abruti de naissance et l'érudit qui parle le grec ancien couramment : Le mec qui parle de culture. En général, ce mec est persuadé d'être plus malin que tout le monde, fume des cigarettes avec un air super désinvolte et détaché quand il crache bruyamment, porte des vestes en velours et parle en bougeant les sourcils, commençant ses phrases par « attend c'est quand même... »

Le mec qui parle de culture, adore David Lynch ainsi que Stanley Kubrick, pour leur virtuosité dans la déstructuration du schéma narratif moderne, mais n'a vu qu'un seul film, se régale avec des canapés au saumon fumé de Norvège dans des vernissages et donne des avis sur des oeuvres qu'il ne regarde pas.

Il aime le Rock Indé et le côté post-électronique antérieur de la musique des années 80. Lit Rock&Folk et se questionne sur la légitimité perdue des Inrocks .

Enfin le mec qui parle de culture, après avoir rajouté post avant chaque concept qu'il énonce, aime dire que de toute façon la culture est morte, en échafaudant des théories fumeuses sur l'inanité du monde moderne. Le mec qui parle de culture adore s'écouter parler.

En créant Sonotown, on s'est acheté des pantalons slims, des lunettes Gucci, nous sommes allés à Oberkampf, puis autour de nos Long Islands, on s'est mis à dire tous en même temps, et en bougeant les mains, que de toutes façons le cinéma français c'était de la merde.

Après tout, on est juste de petits branleurs qui aiment la musique, le cinéma, les livres et plein d'autres trucs.

Un an plus tard, comme une année scolaire, l'association Sonotown a opéré une mutation, s'est agrandie, a rencontré, travaillé, appris.

Aujourd’hui c’est une structure beaucoup plus mûre, plus sereine, plus compréhensible, à la fois magazine d’information, outil de réflexion, de travail, point de départ de projets artistiques, culturels, d’expériences, d’expérimentations musicale, entreprise de production, plateforme de rencontres.

De cette année nous garderont tout, c’est pourquoi vous retrouverez dans ce Numéro 1 l’ensemble des archives de la première version du site, ce que l’on a gardé : critiques de musique, de films, comptes rendus d’expositions, de concerts, ce que l’on laisse de côté pour le moment, comme cette succession de portraits non-officiels (dans le carrousel à gauche là !), et puis il y a du neuf, dans les numéros à venir, une rubrique éditoriale cohérente, réfléchie, des carnets de recherche, une parution mensuelle, et des milliards de projets dans nos têtes à réaliser !

Bonne lecture…


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