Sonotown

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Room(s)

Machinedrum

Label : Planet Mu (ZIQ307)
Date de sortie : 25 juillet 2011

Travis Stewart sur le label de Mike Paradinas… ou Machinedrum sur Planet Mu… l’énoncé laisse rêveur, bien que le spectre de l’inconstance puisse inquiéter quelque peu. Et bien, n’y allons pas par quatre chemins : Room(s) est une parfaite réussite, largement au-dessus du panier, loin des productions parfois insipides qui pullulent de-ci de-là.

Nous avions eu droit à quelques extraits de ce tant attendu nouvel opus, le 2 avril dernier lors de la
Sonotown : The Big Fish, pour un live résolument différent de celui proposé presque un an plus tôt au
Trabendo de Paris. Jungliste à souhait, rnbisant à ses heures, influencé juke de Chicago, Travis Stewart est un compositeur décidément difficile à suivre. Sur Room(s), les balises musicales se torpillent, s’évaporent et explosent en l’air, passant de sonorités warpiennes à des vocalises made in Hotflush en un éclair, tout en respectant à la lettre la charte Planet Mu.



Crédit : NoorOne


Le New Yorkais désormais basé à Berlin se balade avec une facilité déconcertante d’une piste à une autre, sans jamais perdre l’équilibre. Un équilibre précaire, simplement maintenu autour de rythmiques épileptiques, chères à Paradinas et véritable moteur à combustion de l’album. Déroutant et complexe, parfaitement maîtrisé, impressionnant de par la multitude d’influences évoquées, Room(s) ne perd jamais le fil, accroché à l’évidence à la personnalité remarquable de son producteur.

Une fois pour toute, Travis Stewart révolutionne, à sa manière, la musique électronique contemporaine et s’impose comme une référence, ou comme l’un des producteur les plus sous-estimés de son époque, titre honorifique mais ô combien injuste à la vue de la débauche d’énergie, et du génie qui se dégage de chaque production.

Lorsque l’on sait qu’il prépare dans le même temps un album chez Hotflush sous son second pseudonyme, Sepalcure, avec Praveen Sharma qu’un EP de remixes débarque bientôt, on se demande bien où il trouve le temps de faire tout ça.

Bref, le New Yorkais est ici au sommet de son art, ne laissant que quelques miettes aux autres et sublime tout ce que la musique anglaise à su offrir de plus intéressant ces dernières années.

Imparable.

par Julien B.

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