PARC CENTRAL

11 FILMS - 2006 - 87MIN

Parc Central - Rio de Janeiro - 2000

Alors que Fischli et Weiss pointent cette hystérie du visible dans un monde où toutes les représentations se valent et s'uniformisent sur la base d'un patron dominant, Dominique Gonzalez Foerster cherche un sens moderne de l’expérience. Dans ces villes, ces zones de traverse à flux tendus où l'errance passe pour suspecte et marginale, le voyage devient son médium privilégié : entrer dans le monde , plutôt que se tenir face à lui.

Equipée d'une caméra, DV ou Super 8, elle déniche dans la ville des trous spatiaux et temporels, une grâce, jamais réellement caractéristique. Beautés de l'indéterminé, du temps réel, vécu, capté. « C’est comme si l’étrangeté émergeait du médium (vidéo) lui-même. À partir du moment où on est juste devant les choses, même les plus simples, sans rien projeter sur elles, alors il n’y a plus de symbolique.» DGF. La caméra traverse à pieds ou se pose au gré de l'intensité des instants qu'elle rencontre. Elle repère les situations « productives ».

L'artiste offre en partage ces moments de latence, d'égarements tellement chers au voyageur, durant lesquels des choses adviennent. Il se passe quelque chose ici, dans l'évidence d'un de ces instants sur lesquels on omet trop souvent de s'attarder. Attendre quelque part, entre deux temps, deux espaces, deux situations. Et attendre nu sans chercher à s' occuper.

Parc Central - Hong Kong - 2000

Onze petites évaporations sensibles qui invitent à s'étirer. Elles nous livrent des instants d'une douce sincérité, elles sont l'aveu d'émerveillements souterrains, petites ivresses et palpitations sans fard, sans spectacle et sans événement. Il ne faut rien attendre d'autre qu'une demi-stase un brin mélancolique, il faut être grand ouvert. C'est aussi la tentative de restitution d'un instant réel, au sens d'une présence olfactive, auditive, sensorielle. Une manière d'être attentif à l'espace, à l'environnement immédiat. Il y a pourtant, en pointillé, une maîtrise absolue de l'évocation, sensation cinématographique d’un espace qui rappelle toutes les pluies, tous les vents, toutes les solitudes. « La magie n’est pas narrative mais environnementale..» Ici pas de schémas, pas de scénarios, pas de « directives ». Des pistes offertes pour la dérive, des amorces de récit à construire.

Vivre lentement, s'émerveiller.

Par Central - Brasilia - 1998


Par Manon Vila

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Dominique Gonzalez-Foerster
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